Parler français en Algérie et ailleurs

Rejoignez-nous, vous ne serez pas déçu !

Cliquez sur « s’enregistrer ».
Parler français en Algérie et ailleurs

Le français pour tous et tous pour le français

(...) je fais dire aux autres ce que je ne puis si bien dire, tantôt par faiblesse de mon langage, tantôt par faiblesse de mon sens. Montaigne

Guerre à la rhétorique et paix à la syntaxe ! Victor Hugo

Quelle que soit la chose qu'on veut dire, il n'y a qu'un mot pour l'exprimer, qu'un verbe pour l'animer et qu'un adjectif pour la qualifier. Guy de Maupassant

La vraie éloquence se moque de l'éloquence (...) Pascal


Philippe Perrenoud à propos de l’approche par les compétences

Partagez
avatar
Admin
Admin

Philippe Perrenoud à propos de l’approche par les compétences

Message par Admin le Jeu 2 Jan 2014 - 17:46

 Mal conçue ou médiocrement mise en œuvre, l’approche par compétences peut aggraver l’inégalité devant l’école. Même bien conçue et magnifiquement réalisée, elle ne peut prétendre en venir à bout par le seul biais du curriculum. Quel que soit le programme, la pédagogie différenciée et l’individualisation des parcours de formation restent d’actualité.

   Sur ce dernier point, le combat est engagé, contre l’idéologie du don, les attentes élitistes d’une partie des consommateurs d’école, les politiques molles de nombreux systèmes éducatifs plus prompts à se réclamer d’une pédagogie différenciée qu’à la soutenir par des actes, des moyens, des formations, des accompagnements. Les obstacles sont de taille, mais l’approche par compétences, si elle les renouvelle, ne les crée pas de toutes pièces.

   L’ambiguïté et le caractère à la fois précipité et inachevé des réformes curriculaires sont plus inquiétants. Les systèmes éducatifs sont-ils prêts à faire des deuils dans le domaine des disciplines ? Prêts à investir massivement dans d’autres pratiques d’enseignement-apprentissage ? Prêts à affronter la résistance des élèves qui réussissent et de leurs familles ? Prêts à mécontenter de nombreux professeurs qui sont attachés au statu quo, à la fois idéologiquement et parce qu’il les confirme dans leur rapport au savoir et leurs pratiques pédagogiques ?

   On peut en douter. Or, si l’approche par compétences reste une " demi réforme ", qui ne renonce à rien et ne contraint personne, il est peu probable qu’elle fasse progresser la lutte contre l’échec scolaire. Si rien ne change, sauf les mots, si l’on fait sous couvert de compétences ce que l’on faisait hier sous couvert de savoirs, pourquoi s’attendrait-on à produire moins d’échecs scolaires ?

   On pourrait même craindre l’inverse. Une approche par compétences n’existant que dans les textes ministériels, à laquelle nombre d’enseignants n’adhéreraient pas, rendrait les règles du jeu scolaire encore plus opaques et les exigences des professeurs encore plus diverses, les uns jouant mollement le jeu de la réforme, les autres enseignant et évaluant à leur guise.

   Comme souvent, le problème principal relève de l’équilibre à trouver entre la cohérence des réformes et le caractère négocié de leur genèse et de leur mise en place. Au vu des évolutions parallèles dans de nombreux pays développés, on peut craindre que les ministères se hâtent de faire ce qu’ils savent le mieux faire - des textes, des programmes - et laissent leur mise en œuvre au hasard des choix individuels et des projets d’établissements…

   Jerome Bruner disait récemment dans un entretien accordé au Monde :

« A mon sens, le but de l’école n’est pas de façonner l’esprit des élèves en leur inculquant des savoirs spécialisés dont ils ne comprennent pas le sens et la raison d’être. Il faut que les élèves s’approprient une culture, intègrent des connaissances à partir des questions qu’ils se posent. Pour cela, il faut contester les programmes tout faits. On doit mettre en doute, discuter, explorer le monde. C’est ainsi que l’on s’approprie la culture, que l’on devient membre actif d’une société. »

   Si la réforme curriculaire perd de vue cette idée majeure, elle ne fera que substituer des textes à des textes. Or, l’enjeu est de changer des pratiques…


Extrait de : «  L’approche par compétences,
 une réponse à l’échec scolaire ? »


Philippe Perrenoud
Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation
Université de Genève
2000
avatar
sellami kamel

Re: Philippe Perrenoud à propos de l’approche par les compétences

Message par sellami kamel le Jeu 16 Jan 2014 - 10:22

L’approche par compétences (APC ) a envahi presque tous les secteurs de l’activité humaine. L’auteur de cet article, après avoir rappelé les nombreuses interprétations dont fait l’objet le mot « compétence », situe cette notion dans le contexte actuel de mondialisation, tout en retraçant ses origines et ses fondements théoriques. Il met en évidence l’impact grandissant de l’APC sur les systèmes éducatifs et sociaux qui se manifeste notamment par la confusion entre le paradigme constructiviste et le paradigme comportementaliste, la modification du rapport enseignement-apprentissage, la relation maître-élèves, l’avènement des bilans de compétences calqués sur ceux de l’industrie, etc. L’auteur analyse les apports de ce mouvement aussi bien que ses limites et les critiques qu’il suscite. Pour conclure, il propose d’adapter, en lieu et place d’une adhésion inconditionnelle à ce modèle unique, une attitude critique et dialectique, fondée sur la réflexion et la recherche.


_________________
sellami kamel

    La date/heure actuelle est Jeu 17 Aoû 2017 - 22:25